Témoignage de Lyn Voegele , Niger
« Matarango mademoiselle Lyn ! » La maire de Birni nous accueille chaleureusement comme à chacun de nos passages dans sa commune.
Aujourd'hui l'équipe du PRADEB (Programme Régional d'Appui au Développement de l'Education de Base à Dosso) composée de Moussa Hima, l'assistant technique en éducation et de moi-même, l'assistante technique junior, est en mission de suivi et supervision des différentes activités lancées dans la commune de Birni depuis le démarrage du projet il a quelques mois.
Ce projet d'éducation, qui fait suite à huit années d'intervention de la coopération luxembourgeoise dans le domaine de l'éducation à Dosso, a pour objectifs d'améliorer l'accessibilité et la qualité de l'enseignement de base dans les départements de Dosso et Boboye, notamment à travers la construction et l'équipement scolaires, l'amélioration de tout l'environnement scolaire (en matière de santé, hygiène, eau, assainissement, et de plantations des sites scolaires à travers des pépinières scolaires), ainsi que le renforcement de la capacité de gestion des organisation scolaires et villageoises.
Après l'élaboration du programme journalier (visite des chantiers, suivi des plantations des pépinières scolaires), en collaboration avec l'inspecteur de l'enseignement de base du département ainsi que la maire, nous prenons la route direction la petite dizaine de villages de la commune dans lesquels le projet intervient.
Les premières pluies tant attendues qui viennent de tomber sur le département de Boboye signifient la fin de l'année scolaire 2005-2006.
La centaine de classes en paillote de la zone d'intervention du projet, abritant près de trois mille élèves du primaire, qui suivent les cours à même le sol, ne résistent pas à la saison des pluies. En attendant la reprise des cours, le PRADEB prépare activement la rentrée. Un grand changement attendra les élèves à la fin des vacances scolaires. A côté de ces paillotes désormais désertes, les murs de la première série de nouvelles classes construites en dur s'élèvent lentement mais sûrement.
La rentrée 2006 marquera la fin des classes en paillote au village de Kourfaré, qui étaient à reconstruire chaque année après la saison des pluies par la population |
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Chacune de nos visites dans les villages suit le même cérémonial : les salutations d'usage au chef de village, la rencontre avec les enseignants et les membres des organisations scolaires (associations des parents d'élèves (APE), des mères éducatrices (AME), etc…), et en cas de besoin les échanges avec l'ensemble de la population villageoise relativement à un problème scolaire déterminé.
Dans le village de Banifandou où nous passons, nous décidons d'interpeller la population sur le mauvais état d'entretien de la cour scolaire et de la pépinière scolaire. En moins d'un quart d'heure, l'ensemble de la population est rassemblé autour de nous et les discussions peuvent démarrer. Après un rapide état des lieux, la présidente de l'APE nous expose que le directeur de l'école, parti en congé scolaire, n'a pas laissé d'instructions précises quant à l'entretien de la pépinière, ce qui explique son état de désolation. Un consensus est trouvé : jusqu'au retour du maître, deux représentants de l'APE, aidés par quelques élèves, s'engagent à nettoyer la cour, à désherber et entretenir la pépinière. Cette solution nous satisfait tous. La présence de l'inspecteur et le contexte de pré rentrée scolaire s'y prêtant, avant de reprendre la route, Moussa et moi profitons de ce rassemblement de la population pour engager une discussion au sujet de la fréquentation scolaire et notamment de la scolarisation de la jeune fille. Il faut savoir que les difficiles conditions de scolarisation des enfants nigériens (manque d'infrastructures et d'équipements, manque d'enseignants qualifiés) ont découragé plus d'un parent d'élève à envoyer son enfant à l'école. Le PRADEB, en plus de l'amélioration de l'ensemble de l'environnement scolaire, se trouve ainsi confronté à un long et périlleux travail de sensibilisation des parents d'élèves, afin de les réconcilier avec l'école et de leur faire prendre conscience de l'importance de l'éducation pour l'avenir de leurs enfants.
Assemblée générale au village de Banifandou |
Groupe d'écoliers de Banifandou |
A la tombée de la nuit, au bout d'une heure d'échanges et de promesses encourageantes de la part de tous les parents avec enfants en âge d'être scolarisés, nous repartons vers Dosso, motivés et prêts le lendemain pour poursuivre notre tournée et rencontrer les populations de quatre autres villages de la commune.




